Gestion

Piloter sa trésorerie : le guide pratique du dirigeant

Anticiper ses entrées et sorties pour ne jamais être à court : plan de trésorerie, encaissements, décaissements et matelas de sécurité.

02/09/20263 min de lecture

Piloter sa trésorerie, c'est anticiper ses entrées et sorties d'argent pour ne jamais se retrouver à court, même quand l'entreprise est rentable. Beaucoup de défaillances touchent des sociétés rentables mais à court de liquidités. Un plan de trésorerie et quelques réflexes simples suffisent à garder le cap. Voici comment faire.

Trésorerie et rentabilité, deux choses différentes

Une entreprise peut être rentable sur le papier et manquer de cash dans les faits. Un gros client qui paie à 60 jours, un stock à financer, une TVA à reverser : le bénéfice existe, mais l'argent n'est pas encore là. C'est ce décalage entre encaissements et décaissements que la gestion de trésorerie vient maîtriser.

Construire un plan de trésorerie

Le plan de trésorerie est un tableau, mois par mois, de tout ce qui entre et sort : ventes encaissées, achats, salaires, charges sociales, TVA, échéances de prêt. Il vous montre à l'avance les mois tendus et les mois confortables. Mis à jour régulièrement, c'est votre meilleur outil de pilotage, bien plus utile que le seul solde bancaire du jour.

Accélérer les encaissements

  • Facturez sans délai, dès la prestation livrée. Chaque jour de retard de facturation est un jour de trésorerie perdu.
  • Demandez des acomptes sur les gros dossiers, pour financer le travail en cours.
  • Relancez tôt et systématiquement les impayés. Une relance à l'échéance n'a rien d'agressif, c'est une bonne pratique.
  • Raccourcissez vos délais de paiement quand c'est possible, en les indiquant clairement sur le devis et la facture.

Étaler les décaissements

Négociez des délais de paiement avec vos fournisseurs, lissez vos charges quand l'administration le permet, et planifiez vos investissements sur les mois où la trésorerie est la plus solide. L'objectif n'est pas de payer en retard, mais de faire coïncider vos sorties avec vos entrées.

Garder un matelas de sécurité

Conservez de côté l'équivalent de quelques semaines à quelques mois de charges fixes, selon votre activité. Ce coussin absorbe les imprévus, un retard client, une baisse saisonnière, une dépense exceptionnelle, sans mettre l'entreprise en danger. Et ne comptez jamais la TVA collectée comme de la trésorerie disponible : elle sera à reverser.

Les bons outils, et l'expert-comptable

Un tableur suffit pour démarrer, mais beaucoup d'outils connectés à votre banque automatisent aujourd'hui le suivi. Votre expert-comptable, lui, peut construire votre prévisionnel, repérer les mois à risque et vous orienter vers un financement adapté (découvert, affacturage, crédit court terme) avant que la tension n'arrive. Anticiper coûte toujours moins cher que subir.

Questions fréquentes

À quelle fréquence mettre à jour son plan de trésorerie ?

Au minimum une fois par mois, et chaque semaine dans les périodes tendues. Plus il est à jour, plus il anticipe juste.

Que faire face à un trou de trésorerie prévu ?

Anticipez : accélérez les encaissements, décalez ce qui peut l'être, et parlez-en tôt à votre banque ou à votre expert-comptable. Une solution de financement se négocie toujours mieux avant l'urgence.

Pour aller plus loin, voyez le coût d'un expert-comptable et notre guide pour bien le choisir, ou trouvez un expert-comptable pour piloter votre trésorerie.